Syndicat AOC Oliu di Corsica

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L'aire d'Appellation pour l'AOP Oliu di Corsica-Huile d'olive de Corse est bien sûr cantonnée à l'île et concerne 297 communes, excluant principalement les zones montagneuses élevées où l'olivier ne fructifie pas.
Paysage oléicole corse

Le verger oléicole actuel, reflet de 3000 ans d’histoire


Les conditions climatiques en Corse sont optimales pour la culture de l’olivier. Le paysage oléicole est très varié, composé d’oléastres (oliviers sauvages), de vergers multiséculaires implantés en coteaux (parfois sous forme de massifs forestiers), et de plantations plus récentes. Il est le résultat de quelques milliers d’années de culture sans altération due au gel.

La forme sauvage de l’olivier est l’oléastre (ou ogliastru en Corse), présent de façon endémique sur notre île. Les hommes du néolithique récoltaient déjà ses fruits et un mortier rudimentaire trouvé à Scaffa Piana laisse penser que des hommes procédaient déjà à l’extraction de l’huile 1 800 ans av. J.-C !
L’oléastre est toujours très présent dans le paysage insulaire.

Située au coeur de la Méditerranée occidentale, l’île a été de tous temps une terre de contact, escale pour les navigateurs et les marchands phéniciens, romains, puis génois.... Ce sont les Phéniciens, marins venus de l’Est, qui les premiers nous ont appris à greffer ces arbres.
Variété Zinzala Fruits mûrissent lentement

Les variétés corses


L'une des plus anciennes variétés est présente sur la quasi-totalité du territoire, la Sabina (en Balagna) également nommée Aliva bianca (en Corse du Sud) et Biancaghja (dans le Nebbiu). Certains représentants de cette variété sont multiséculaires; leur implantation illustre une civilisation agro-sylvo-pastorale dans laquelle les terres mécanisables étaient vouées à la culture des céréales. Les oliviers, peu exigeants, s’adaptant aux terres sèches et caillouteuses, étaient plantés sur les zones difficiles de coteaux; ces mêmes terres étaient parcourues par le bétail. La faible densité de plantation, qui a permis leur fort développement, et leur âge, expliquent les dimensions parfois gigantesques de ces arbres.
En raison de l’implantation du verger, difficile d’accès, peu mécanisable, et au vu de la taille et de l’envergure des arbres, cette variété est récoltée sur filets par chute naturelle à grande maturité, au printemps; on donne ainsi le temps aux olives de s'imprégner des senteurs environnantes, car les corps gras capturent et conservent les odeurs. C'est ainsi qu'on obtient une huile caractéristique par ses arômes de maquis.
Récolte dans le Cap D'autres variétés sont aussi anciennes que la Sabina, ce sont la Capanace dans le Cap également dénommée Raspulluta dans le Nebbiu, la Curtinese dans la région de Corté, et la Zinzala, implantée dans la zone de Bonifacio, Porto vecchio et Sollacaro Olmeto, souvent en massifs forestiers denses.

Les huiles issues de ces variétés offrent des arômes caractéristiques, spécifiques à chacune.
Ghjermana de Casinca
Outre ces variétés très anciennes, on retrouve deux autres types d’arbres, légués par les génois lors de leur occupation de la Corse (seconde moitié du XVI et XVII siècle). Ces variétés distinctes étaient couramment dotées de la même appellation : la Ghjermana. On les retrouve dans la zone de Sartène-Tallano, et Vico-Ajaccio (Ghjermana de Tallano ou Aliva nera), en Haute Corse dans les zones de Castagniccia, Casinca, et d’une façon sporadique en Balagna (Ghjermana de Casinca).

Un cas particulier, la Picholine


Suite au gel de 1956, qui avait durement touché la France continentale, un vaste programme de replantation nationale avait été engagé, dont la Corse a pu profiter, bien qu'elle n'ait pas été touchée. La Picholine, variété à double fin (huile et olives de table) a ainsi été implantée dans toutes les zones de plaines irrigables, Balagna, Urtaca, de Borgo à Porto Vecchio, St Florent…
Cette variété est acceptée pour un faible pourcentage dans le cahier des charges de l’AOP, duquel elle est amenée à disparaître. Les arbres font aujourd'hui l’objet d’une reconversion et sont greffés dans les variétés corses traditionnelles.

Le jeune verger


Depuis une quinzaine d’années, de nombreuses plantations ont été réalisées. Elles se situent principalement dans les plaines, irriguées, réalisées majoritairement dans les deux variétés Ghjermana. Ces vergers mécanisables, faciles d’accès, conduits dans le respect de méthodes culturales modernes et respectueuses de l’environnement, commencent aujourd’hui à représenter une part non négligeable de la production insulaire.

La richesse des différentes variétés ancestrales acceptées dans l'AOP Oliu di Corsica-Huile d'olive de Corse est la caractéristique essentielle de notre bassin oléicole. Elle est le reflet d'une histoire mouvementée dans un paysage multiséculaire jamais altéré par le gel. C'est à cette richesse que l'on doit la large palette de saveurs de l’Huile d’Olive de Corse- Oliu di Corsica AOP.